16 mars 2026 Mis à jour le 26 mars 2026

Devenez un imposteur !

Individus souriant issus de banques d'images levant le pouce en l'air en signe de satisfaction, mais ça ne trompe personne.

Le début

Élève moyen jusqu’à ma moyenne générale au bac : 10,00. Toute ma scolarité, j’ai fréquenté des amis pour qui les cours étaient une formalité. Et ensuite ?

J’ai rejoint une école privée où j’ai facilement obtenu mon diplôme. Génie ? Pas plus que l’ensemble de la promo, elle aussi diplômée.

Arrive alors le monde du travail, le grand bain ! Les cours m’ont été d’une grande utilité (non). La véritable formation débute à ce moment, nous sommes en 2007 🦕

Premiers doutes

Les deux chefs de projet qui m’encadrent quittent l’agence au bout de 6 et 8 mois pour suivre d’autres aventures. Arrivent alors les premiers projets à gérer. Solo !

… Et premiers doutes. Je suis une tanche en orthographe et je suis incapable de réaliser un calcul mental. Autour de moi : des créas qui jouent avec les mots à longueur de journée, des directeurs de clientèle capables de tout ramener en pourcentages, des développeurs qui anticipent les difficultés comme des joueurs d’échecs et bien sûr des clients avec de très grandes attentes et de tout petits délais.
Pourquoi m’a-t-on accepté à ce poste ? Ça va être un carnage, forcément.

Au boulot

Avec beaucoup de stress et d’humilité commence alors l’accompagnement de projets digitaux. Le truc, c’est que le web en 2007 s’est inséré à fond de 5 sur une bretelle d’autoroute allemande. Il est impératif de rester bien éveillé pour s’assurer d’emprunter la bonne direction : Internet Explorer, Flash, Spip ou Dotclear… Pas mal de sorties à éviter et beaucoup d’autres à explorer.

Les sites de l’époque sont un savoureux mélange de savoir-faire et d’innovation. Pourtant, ma seule expérience se résume à une utilisation personnelle du web.

De fil en aiguille, je confectionne des devis, tricote mes premières spécifications, dépile des mails en pagaille… Rien à voir avec un sweatshop, c’est même tout l’inverse. Chaque projet arrive avec son lot d’objectifs et de défis techniques. Je m’aperçois que toute l’équipe, aussi experte soit-elle, se gratte la tête pour traduire une demande marketing en réponse créative.
Tout est à imaginer, c’est de la débrouille et c’est grisant !

Ça brille toujours

Presque 20 ans plus tard, aucun établissement n’est en mesure de proposer une formation complète. Rien d’anormal à cela, des métiers disparaissent, d’autres apparaissent, tout cela au rythme des changements frénétiques du web. NFT, Metaverse et autres concepts fugaces dont on aime se moquer maintenant et encore plus des experts opportunistes qui pullulent sur les réseaux. Comment oser s’autoproclamer de la sorte et en faire des caisses sur LinkedIn ? De l’exhibitionnisme, je les déteste.

Pourtant, la tendance est là, il faut le reconnaître : vibe coding, agent IA, automation… le SEO va encore être laissé pour mort et revenir comme à chaque fois.

Continuer de douter

Les pratiques sur le digital n’ont pas fini d’évoluer. Que l’on dispose d’un triple PhD ou que l’on occupe une fonction à rallonge, nul n’est expert. Du moins pas plus d’un court laps de temps.
Alors oui, travailler dans le digital implique de rester en veille, de remettre en question ses pratiques, de renforcer ses acquis, de continuer d’apprendre.

En acceptant d’être un imposteur dans cet océan d’experts, on s’autorise alors à s’interroger sur le bien-fondé d’une réponse, sur la pertinence d’une réalisation ou encore sur les KPIs à surveiller. Se considérer comme un imposteur, c’est aussi accepter que l’on ne dispose pas d’une réponse toute faite et qu’il est nécessaire de prendre le temps de vérifier et d’affiner avant de s’engager contractuellement. Bien sûr, c’est plus long de proposer du sur-mesure en continu pour s’adapter aux spécificités de chaque demande, mais c’est tellement plus stimulant que de copier-coller des recettes.

Rester humble, mais organisé

Et comme tout bouge continuellement, rester humble ne suffit pas : il faut aussi savoir s’organiser.
Il existe des méthodes, des frameworks, des “fiches-méthodos” que l’on retrouve dans tous les guides du parfait chef de projet. Mais la vérité, c’est que chacun construit la sienne au fil des années, avec ses erreurs, ses doutes, ses trouvailles.
Si j’avais à résumer la mienne, elle tiendrait en un billet de blog intitulé : Fiche pratique : gestion de projet : notre recette maison pour un pilotage aux petits oignons.

✨ Bonus : il s’agit de la même méthodo pour devenir un “Web Project Manager | Agile & Scrum Expert | Delivering High Quality Web Solutions On Time and Within Budget

Portrait de Guiillaume
Rédigé par Guillaume Thibord